Printemps Solidaire

 

L’aide au développement, qu’est-ce que c’est ?

 

L’Aide Publique au Développement (APD), constitue l’ensemble des dons et des prêts accordés par des organismes d’État à des pays en développement. En France, cette aide passe par le biais de l’Agence Française de Développement (AFD), qui soutient et finance des projets portés par des organisations de solidarité internationale et développement. L’AFD cofinance par exemple notre projet au Guatemala.

Cette aide est donc vitale, tant pour notre action particulière, pour celle des organisations partenaires dans les pays en développement, que pour les populations – communautés autochtones, femmes, enfants, travailleurs précaires, petits exploitants agricoles – dont nos projets visent à améliorer durablement les conditions de vie. En effet, nous croyons que c’est par le soutien d’organisations issues des communautés et l’éducation aux droits dont ils disposent que le développement est possible.

40 ans d’engagement non tenu

 

En 1970, une Résolution de l’Assemblée générale des Nations Unies définissait un objectif à atteindre de 0,7% de la richesse nationale consacrée à l’Aide Publique au Développement. Calculé par Jan Tinbergen (prix Nobel de sciences économiques), il s’agit en effet d’un seuil minimum pour permettre un développement durable. Pourtant la plupart des pays signataires n’ont pas respecté cet engagement, et à ce jour, la part consacrée à l’APD s’établit en moyenne à 0.32%. Seuls les pays d’Europe du Nord dépassent régulièrement ce seuil, tandis qu’en France, elle a connu des phases de hausses et de baisses, pour s’établir désormais à 0,38%. Pire encore, cette aide si précieuse a fondu ces dernières années, particulièrement en France. Entre 2015 et 2016, l’Aide Publique au Développement a ainsi connu une baisse de 210 millions d’euros.

Depuis, les inégalités entre les plus riches et les plus pauvres se creusent, qu’elles soient entre pays ou entre individus : les huit personnes les plus riches détiennent désormais autant que la moitié de la population mondiale (communiqué de presse Oxfam). Les ressources se raréfient pour les populations du sud, tandis que les pays du nord surconsomment de manière frénétique.

#SavezVousCompter

 

Face à constat, le réseau Coordination Sud, dont Terre des Hommes France est membre, a lancé début janvier une campagne #SavezVousCompter, pour rappeler l’importance de l’Aide Publique au Développement, du seuil de 0,7% et d’une aide par dons et non par prêts, orientée vers les plus pauvres et non les plus solvables.

 

 

Quel(s) espoir(s) pour l’APD ?

 

En ces temps de choix électoraux, il est utile de connaitre les positions des candidats en matière de solidarité internationale et d’Aide Publique au Développement. Avant le premier tour, plusieurs organisations de la société civile (Oxfam, CCFD-Terre Solidaire, ActionAid, et le Secours Catholique) ont publié un rapport analysant les engagements des candidats en matière de solidarité internationale.

Seuls 4 candidats sur 11 avaient pris l’engagement d’atteindre cet objectif de 0,7% d’ici à 2022, mais aucun ne s’est retrouvé au second tour. Le futur Président de la république, Emmanuel Macron, s’est engagé lui à atteindre cet objectif d’ici 2025, avec un objectif de 0,55% d’ici à 2022. Le rapport déplore cependant que son programme lie trop fortement l’aide au développement à des contreparties de gestion de flux migratoire ou de diplomatie économique.

Selon les organisations rédactrices du rapport, le programme de la candidate du Front National Marine Le Pen « contient des éléments remettant en question les droits humains, universels, via l’affirmation de la priorité nationale ». Il évoque ainsi une « politique de co-développement avec les pays d’Afrique fondée prioritairement sur l’aide au développement de l’école primaire, l’aide à l’amélioration des systèmes agricoles et l’aide au renforcement des outils de défense et de sécurité ».

Les organisations regrettent donc que, pour les deux candidats présents au second tour, l’Aide Publique au Développement constitue un outil sécuritaire de contrôle des flux migratoires.

Lire le rapport dans son intégralité : Analyse des programmes des candidats à l’élection présidentielle à l’aune des 15 propositions pour une France Solidaire

 

L’union des ONG :

 

Face à cela, organisations et associations de solidarité internationale, nous nous unissons pour demander au nouveau Président de faire de ce 0,7% consacré à l’aide au développement un objectif pour 2022, fin de quinquennat.

Nous exprimons en outre notre adhésion sans faille à une solidarité indivisible. Une solidarité sans frontières et sans discrimination qui tisse des liens entre les humains par-delà les différences, là où il y a des blessures, là où il y a des besoins, là où il y a des fractures. Nous en appelons aux candidats à la Présidence de la République pour que cette solidarité qui nous définit et nous unit, constitue l’axe de ralliement des citoyens, et le cap du prochain quinquennat. (…)

Nous attendons du prochain président de la République une attention redoublée au respect des droits humains et du droit international humanitaire dans le cadre de sa politique étrangère. Nous attendons qu’il puisse faire preuve d’exigence accrue sur ces sujets dans le cadre des relations avec les États qui ne les respectent pas.

Nous réaffirmons l’urgence d’une lutte redoublée contre tous les facteurs de pauvreté et d’inégalités et appelons le prochain président de la République à refuser tout conditionnement de l’aide publique au développement qui la détourne de ces seuls enjeux.

Nous rappelons enfin notre adhésion à une France ouverte au monde et aux peuples du monde, qui se tienne à la hauteur de son idéal républicain, celui de la promotion de la liberté, de l’égalité et de la fraternité.

Nous, qui associons de très nombreux citoyens actifs et sommes soutenus par de nombreux autres, nous continuerons à faire vivre ces valeurs qui fondent nos organisations et resterons vigilants à leur respect.

Convaincus que l’investissement dans la solidarité est le meilleur ferment de paix pour nous et les générations futures, nous en appelons à un quinquennat qui fasse de la solidarité internationale un pacte national, et du développement durable son projet.

Voir la Déclaration dans son intégralité