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Au Pérou dans la région de Loreto (bassin de l’Amazonie), le gouvernement a décidé de consulter les populations autochtones avant de lancer un appel d’offres pour une nouvelle concession pétrolière. Un engagement inédit qui n’efface cependant pas quarante années d’exploitation pétrolière intensive.

Un territoire ravagé

Dans la province de Maynas, les terres de quatre peuples autochtones (Achuar, Quechua, Kichwa et Urarina) faisant partie du lot 192 représentent 12 % du pétrole produit par le Pérou. Depuis plus de 40 ans maintenant, l’exploration et l’exploitation pétrolière ont dévasté les terres de ces populations. En 2013, trois des quatre bassins (Pastaza, Corrientes et Tigre) ont été déclarés d’urgence environnementale. Dans la région, les eaux sont contaminées par des métaux lourds et les hydrocarbures déversés par les entreprises d’extraction. La biodiversité est fortement menacée et des maladies touchent, déjà, les plus jeunes. Ce constat alarmant est confirmé par divers organismes d’État tels que l’Autorité nationale de l’eau (ANA), l’Agence pour l’évaluation et le contrôle de l’environnement (OEFA) et la Direction générale de la santé environnementale (DIGESA).

La consultation préalable des populations autochtones est un droit fondamental reconnu dans la Convention 169 de l’Organisation internationale du travail (OIT). Celle-ci établit que les peuples autochtones doivent être consultés sur tout projet ou mesures législatives ou administratives qui les concernent, notamment avant d’entreprendre ou d’autoriser tout programme de prospection ou d’exploitation des ressources naturelles sur leurs terres. En décembre 2013, James Anaya, Rapporteur spécial des Nations unies sur la situation des droits de l’homme et des libertés fondamentales des populations autochtones a également constaté de graves problèmes environnementaux.

Une première au Pérou

Tous les habitants de Maynas connaissent bien Pluspetrol, principale concession pétrolière. Alors que le contrat de cette concession se termine en 2015, l’État veut consulter les communautés locales directement affectées avant de lancer un nouvel appel d’offres. Il s’agit de la première consultation annoncée et reconnue par le gouvernement depuis la ratification par l’État de la Convention 169 de l’OIT relative aux peuples indigènes et tribaux et l’adoption de la loi correspondante en 2011. Pour autant, les communautés autochtones et leurs différentes organisations exigent, avant toute consultation, une indemnisation pour l’ensemble des dommages causés par l’exploitation de Petroplus, ainsi que la compensation pour l’utilisation de leurs terres, l’état des lieux des atteintes à l’environnement, le développement de diagnostics pour résoudre les problèmes de la région et la disposition de titres fonciers pour leurs terres. Les organisations locales réclament également que l’État respecte le plan de déclaration d’urgence en fournissant les vivres nécessaires (nourriture, eau) à la population affectée.

L’implication de FEDEPAZ

À travers la formation, le renforcement de leurs organisations et un accompagnement dans les démarches, FEDEPAZ, soutient les communautés locales pour qu’elles puissent faire respecter leurs droits et obtenir des dédommagements. Pour ce faire, elle conseille et accompagne trois organisations représentant les populations locales : la Fédération Indigène des Quechua du Pastaza (FEDIQUEP), la Fédération des Communautés Natives du fleuve Corrientes (FENACO) et la Fédération des Communautés Natives du Haut Tigre (FECONAT).