COMMUNIQUÉ TERRE DES HOMMES FRANCE – NOUVEAU RAPPORT D’ENQUÊTE !

Colombie, un long chemin vers la paix

Pour le respect des droits des femmes, des jeunes et des enfants à Buenaventura

Le 26 octobre 2017 – Alors que les accords de paix doivent instaurer un climat de sécurité et d’inclusion des populations défavorisées, les violences sexuelles, la discrimination, la précarité économique, l’absence d’accès aux soins et à l’éducation continuent d’être des réalités pour les femmes, les jeunes et les enfants de Buenaventura. Pour faire connaitre cette situation à la communauté internationale, Terre des Hommes France, Terre des Hommes Suisse et leur partenaire colombien Taller Abierto publient un rapport intitulé « Colombie, un long chemin vers la paix – Pour le respect des droits des femmes, des jeunes et des enfants à Buenaventura ». L’objectif est de sensibiliser l’opinion publique et d’obtenir le soutien des institutions européennes et de la communauté internationale, pour faire pression sur leur gouvernement afin qu’il leur assure un quotidien libre de violence et mette en œuvre des solutions concrètes pour leur assurer une vie digne.

BUENAVENTURA, NOUVELLE CAPITALE DE LA TERREUR

Récemment qualifiée de « nouvelle capitale de la terreur », la ville de Buenaventura est aujourd’hui considérée comme une des villes les plus dangereuses de Colombie, dans laquelle la population civile est prise en otage par des groupes armés, dans un contexte socio-politique très complexe qui engendre une violence extrême. Les femmes et les enfants sont en première ligne et sont victimes de nombreuses violences physiques, sexuelles, et psychologiques.

Le rapport présente le contexte historique de Buenaventura et de la côte pacifique colombienne. Tierra olvidada (territoire oublié), elle a connu une agression culturelle historique, puis a subi de plein fouet le conflit armé entre le gouvernement, les guérillas et les paramilitaires. À ce jour, 80% de la population afro-colombienne vit dans les zones les plus pauvres et les plus dangereuses du pays, et 35 peuples autochtones courent un risque imminent de disparition physique et culturelle en Colombie.

Si l’accord de paix signé en 2016 entre le gouvernement et les FARC-EP a officiellement marqué la fin d’un conflit de plus de 50 ans et le dépôt des armes par les anciens combattants, beaucoup reste à faire dans l’application effective de la paix et Buenaventura en est l’exemple.

« Notre processus culturel est ravagé par la violence qui contamine Buenaventura. Cette destruction a des effets non seulement sur notre culture, mais aussi sur nos croyances et sur notre mode de vie », femme de 53 ans, leader afro-colombienne.

Le gouvernement défend quant à lui une politique extractive en permettant à des grandes entreprises de s’installer sur les terres et d’y extraire des matières premières. En revanche, les politiques sociales sont inexistantes, les communautés sont souvent délogées et souffrent d’un manque criant d’infrastructures publiques.

Cette vulnérabilité des habitants a permis à des groupes paramilitaires, pourtant officiellement démobilisés en 2005, de s’installer, et ils contrôlent et terrorisent aujourd’hui les quartiers. Les habitants sont victimes au quotidien d’actes d’une violence extrême : homicides, disparitions forcées, maisons de torture, violences sexuelles et domestiques…

« La violence a détruit la confiance, la fraternité, les croyances, la sécurité, non seulement entre les membres de la communauté, mais aussi au sein des familles. Il a isolé les gens », leader afro-colombienne, 53 ans.

Face à cela, des initiatives naissent, poussées par la société civile. Les communautés s’organisent pour réclamer la paix, le respect de leurs droits, de leur intégrité et une plus grande participation de l’État. En mai 2017, les habitants ont notamment organisé une grève civique de près d’un mois, qui a débouché sur des engagements du gouvernement pour une meilleure redistribution des retombées économiques. Une victoire qui n’aurait été possible sans les organisations de la société civile.

« Nous avons un besoin urgent d’attention. Nous n’avons pas besoin qu’on nous envoie plus de militaires ou de policiers. Nous avons besoin qu’un travail social soit réalisé », Sandra Milena, membre de l’Alliance associative des femmes de Buenaventura.

UN ACTEUR LOCAL QUI AGIT CONTRE LES VIOLENCES

C’est dans ce contexte qu’intervient Taller Abierto. Créée en 1992 à Cali, Taller Abierto vise à défendre les femmes, enfants et jeunes des communautés de Buenaventura. Elle agit en promouvant l’autonomisation et le pouvoir d’action des femmes, afin qu’elles soient capables d’affronter et de prévenir les violences dont elles sont victimes.

Le projet que Terre des Hommes France et Terre des Hommes Suisse mènent en partenariat avec Taller Abierto s’inscrit dans cette volonté. Il vise à réduire la violence et à défendre les droits des enfants, des jeunes et des femmes afro-colombiennes et autochtones de 4 zones de Buenaventura contrôlées par des bandes criminelles.

« L’objectif de ce rapport est de mettre en lumière non seulement les violations des droits des femmes, des enfants et des jeunes, mais aussi la détermination des communautés autochtones et afro-colombiennes à vivre dans un environnement libre de violence. Dans la poursuite de cet objectif, l’accompagnement des populations à faire valoir leurs droits par notre partenaire Taller Abierto est essentiel », Alejandra Tobón, rédactrice du rapport.

Ce rapport vise à soutenir et porter la voix des habitants de Buenaventura, car il est urgent d’interpeller les décideurs politiques nationaux et internationaux sur la situation à Buenaventura.

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Contacts presse : 

Yasmina Boumaza, Chargée de projets à Terre des Hommes France : 01 48 09 46 46 – yb@terredeshommes.fr

– Aguado Pierre, chargé de communication à Terre des Hommes France : 01 76 21 07 35 – pa@terredeshommes.fr