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La genèse

Dès 2015, gravement préoccupé par la situation particulière des jeunes migrants (15 à 24 ans), le Haut-Commissariat pour les Réfugiés des Nations Unies (UNHCR) a souhaité organiser avec eux des Consultations Globales. La Fédération internationale de Terre des hommes fut invitée à y prendre part en vertu de son statut consultatif auprès de l’ONU et de sa campagne « Destination Inconnue ».

En 2016, 3 délégations TDHF (Normandie, Alsace, Paris) ont manifesté leur intérêt à organiser de telles rencontres ; belle occasion, en effet, pour ces jeunes de discuter ensemble des questions qui les touchent de près; de les placer au centre de la prise de décisions qui les concernent et de reconnaître leur potentiel. Les jeunes du monde entier ont des compétences; il faut leur donner la parole, les entendre sur les défis auxquels ils font face et les aider à mettre en place les solutions qu’ils proposent pour améliorer leur situation.

Dès le mois de mars, nous avons réuni une équipe (garçons, filles) de 22 jeunes réfugiés en Normandie et de 5 Français du même âge afin de mener à bien les objectifs déterminés par le HCR pour sa Consultation finale de juin 2016 à Genève. Ainsi, pendant un weekend convivial et sérieux, jeunes et équipe de Terre des Hommes ont travaillé de concert sur une trame élaborée (questions et mise en situation) et en ont envoyé le rapport au HCR.

Les jeunes réfugiés en Normandie

Ils sont en majorité des garçons, souvent mineurs et isolés, venus d’Afrique, de tout l’Orient, d’Europe. Leurs difficultés sont communes à celles des jeunes migrants de tous les pays : difficulté d’avoir des papiers, de communiquer à cause de la barrière de la langue et de la culture, rapports avec l’administration qui se compliquent, peur du rejet, incompréhension, indifférence, voire racisme des populations locales, grande insécurité économique ; enfin difficulté ou impossibilité de reprendre des études ou d’exercer sa profession selon son diplôme.

Bénéfices de cette consultation

La rencontre avait pour but de casser l’exclusion dans laquelle leur situation de réfugiés les maintient ; de leur permettre également une entrée dans notre société. Pour la plupart, c’était la première fois qu’ils pouvaient dialoguer, échanger, rire avec des jeunes « nationaux ».

De ces discussions communes ont émergé des solutions; toutes concourent à une meilleure intégration dans la société, grâce à des procédures administratives repensées, plus soucieuses de l’accueil des jeunes et par la volonté d’une réelle solidarité entre tous. Certains ont proposé, par exemple, de donner des cours de langue et d’offrir un soutien scolaire. Les jeunes réfugiés ont dit vouloir gagner leur vie, ne pas être à la charge du pays accueillant, souhaité une reconnaissance officielle de leurs compétences pour intégrer directement le monde du travail.

« Casser les tabous, les préjugés », « Les médias diffusent des idées fausses sur les réfugiés et le problème migratoire »…

Pour les jeunes nationaux, cette rencontre a été, selon leur témoignage, la révélation d’une réalité qui leur échappait totalement : « casser les tabous, les préjugés », « Les médias diffusent des idées fausses sur les réfugiés et le problème migratoire »… Tous ont souhaité poursuivre ensemble un travail basé sur la solidarité, le partage, l’approfondissement des connaissances mutuelles. Faire un blog, des activités culturelles, artistiques, sportives; Communiquer ici pour s’entraider, mais aussi avec d’autres groupes de rencontres du HCR, en France et à l’étranger. Tous disent que cette rencontre a été « formidable et nécessaire à initier ».

Pour représenter les jeunes réfugiés français lors de cette consultation mondiale, Abdulrahman Lakash, 20 ans, jeune Syrien de notre groupe, a été sélectionné par le HCR pour participer à la consultation de Genève. Il a appuyé les trois grandes catégories de problèmes qui ont été identifiés lors de la consultation locale :

⇒ Barrière de la langue et intégration ;
⇒ Education et travail ;
⇒ Manque d’information au sujet des droits des réfugiés et difficultés d’accès aux institutions.

Aller plus loin

Cette consultation mondiale a abouti à la rédaction d’un rapport destiné à tous les acteurs humanitaires et à tous les gouvernements afin que soient respectés les droits de ces jeunes migrants. Pour TDH, le bilan est positif : la réflexion est lancée avec les jeunes sur les DESC et comment les faire appliquer.

Hélène Marchand et Annie Poder,
bénévoles de la délégation TDH du Calvados.