Du 20 au 26 mars s’est tenue la semaine d’échange d’expérience de Terre des Hommes. Un moment tant symbolique qu’essentiel pour les futures orientations de l’organisation.

 

« Pour Terre des Hommes, le plaidoyer doit venir du terrain »

Claire de Grave Basset, Terre des Hommes France

          Animés par cette même ambition, des représentants des projets que nous soutenons à travers le monde ont répondu présents à notre invitation. Venus d’Inde, de Colombie, du Pérou, du Guatemala, de Thaïlande ou du Togo, tous sont porteurs de projets ambitieux, destinés à faire appliquer les droits humains et permettre la dignité de tous. Toute la semaine, ces acteurs clés ont ainsi pu dialoguer et débattre, pour comprendre les réalités de chacun, s’inspirer et inspirer à leur tour. Le but : échanger sur les bonnes pratiques et trouver des solutions nouvelles aux difficultés de terrain. Chacun est en effet porteurs de réalités diverses, en fonction du contexte. Mais un constat clair et partagé ressort : Il existe des difficultés communes. Et c’est par la solidarité et la collaboration internationale que nous croyons qu’il est possible d’avancer.

 

Écouter, comprendre et collaborer pour affronter les difficultés

 

Les échanges, tour à tour concrets ou utopiques, portent sur des thématiques de développement, de protection des droits des populations vulnérables ou de renforcement démocratique. Et rapidement, plusieurs défis communs sont identifiés. Tous déplorent l’avancée d’un néolibéralisme incontrôlé, et le signale comme la première menace aux droits humains. « Maudit capitalisme ! », déclare Angel Gamboa, co-directeur de CIASE (Corporation de Recherche et d’Action sociale et économique) en Colombie. Au Pérou, des projets miniers sont à l’origine de conflits sociaux entre deux communautés autochtones d’un même peuple Awajún. Rosa Quedena, « avocate de terrain » comme elle se définit, et coordinatrice de FEDEPAZ (Fondation Œcuménique pour le Développement et la Paix) l’affirme : « Cette exploitation minière d’or, loin de contribuer au développement, prolonge des situations de pauvreté et de tensions sociales ».

On assiste de plus en plus souvent à une impunité des entreprises multinationales, quand les États assument de moins en moins leurs obligations à protéger les citoyens des impacts négatifs de la mondialisation. En la matière, la loi française sur le devoir de vigilance, qui valide la création d’une nouvelle obligation de vigilance sur les multinationales, est saluée par les partenaires. Il est à espérer que la construction de législations contraignantes se poursuive désormais au niveau européen et à l’international. Nos partenaires déplorent également un manque de transparence démocratique et de confiance dans les institutions, alors que les violations de droits humains à l’encontre des femmes, des enfants, des populations autochtones sont encore trop nombreuses, et trop souvent laissés impunies. Enfin, tous souffrent de la tendance à la criminalisation de leur travail depuis plusieurs années, les persécutions et violences à l’encontre des défenseurs des droits humains étant toujours plus nombreuses. L’ONG Front Line Defenders estime que sur la seule année 2016, 205 défenseurs des droits humains ont été assassinés.

 

Des projets porteurs d’espérance

 

Nos partenaires sont venus nous faire part d’un état des lieux préoccupant des réalités de terrain. Mais il s’accompagne également d’un message d’espoir, car face à ce constat, chacun est porteur de solutions, et les pistes sont nombreuses. Repenser le système économique et réduire la dépendance financière en est une. Renforcer la démocratie par plus d’inclusion citoyenne en est une autre. C’est la volonté commune des organisations Action Sud au Togo et Tzuk Kim-Pop au Guatemala, qui créent des cadres de participation pour les jeunes et les femmes, dont les voix ne sont que trop peu écoutées. C’est enfin et toujours garantir les droits de tous à vivre et travailler dignement. À ce titre, l’organisation indienne FEDINA (Foundation for Educational Innovation in Asia) défend les droits des travailleurs, notamment du secteur informel. En Colombie, Taller Abierto offre une assistance et un accompagnement aux femmes, jeunes et enfants victimes de violence. En Thaïlande, FED (Fondation pour l’Education et le Développement) défend depuis plus de 20 ans les droits à l’éducation, à la santé et à l’assistance juridique des migrants birmans.

Les échanges furent riches, et laissent place à la surprise de constater que les sensibilités et les actions respectives rencontrent des similitudes. Cette semaine fut ainsi l’occasion de « comprendre la globalité du problème », selon Romain Outcha, de l’ONG Action Sud, et de créer des liens, parfois émotionnels. Elle permettra à Terre des Hommes de mieux comprendre les enjeux de ses partenaires, pour mieux les soutenir.

« Cette semaine fut une véritable opportunité, car c’est ainsi que se construit la diversité »

Milena, Taller Abierto, Colombie

 

Saint Denis accueille le Congrès national Terre des Hommes France

 

Cette semaine s’est conclue sur le second événement majeur de l’année : le Congrès national Terre des Hommes qui a lieu tous les trois ans, en présence des adhérents et des partenaires associatifs de l’association. L’occasion de faire le point sur les futures orientations à donner à l’organisation, en donnant la parole aux acteurs majeurs de l’association.

Afin d’encourager des réflexions pertinentes, nous avons eu la chance d’avoir la participation d’intervenants de grande qualité, d’univers différents, mais là encore portés par la même ambition : placer les droits humains au cœur du débat démocratique.

Jérémie Carroy, le fondateur de la revue La Relève et la Peste, nous a ainsi parlé des nouvelles formes de citoyenneté, et l’affirme : « Le contre-pouvoir citoyen se fait en ce moment sur les réseaux sociaux ». Il y a deux ans, alors âgé de 24 ans, il décide de faire appel au financement participatif pour lancer un nouveau support d’information alternatif, inédit tant par la forme que le contenu. Signe révélateur d’un contenu de qualité, le premier numéro a été préfacé par Edgar Morin.

Pierre Micheletti, professeur à Sciences Po Grenoble, a pu présenter un état des lieux du monde de la solidarité, et rappelle que si les rapports de force évoluent, « les questions de solidarité internationale restent cruciales en France, notamment chez les jeunes ».

Avant de laisser la parole à Hervé Kempf, rédacteur en chef de Reporterre, « quotidien de l’écologie », et véritable porte-voix des alternatives économiques et environnementales. Il est venu nous parler de la nécessité d’un changement de modèle économique et social et d’ « écologiser l’économie », en écho au constat fait par les partenaires.

Et comme les actions de Terre des Hommes ne sont possibles que grâce à ses soutiens en France, Apinayaa Uthayakumar, présidente du Groupe Jeune de Saint Denis, est venue porter haut et fort la volonté d’engagement des jeunes et les actions menées.

Ainsi, c’est dans la volonté réaffirmée de collaborer, tant à l’international qu’avec ses acteurs en France, et en prenant en compte une demande sociale en évolution, que Terre des Hommes avance. Face à la montée des inégalités et les nombreuses menaces aux droits humains, nous répondons par plus de solidarité.

« Cessons d’avoir peur. Tous ensembles, nous avons un énorme pouvoir. Exerçons-le »

Lysiane André, Présidente de Terre des Hommes France

 

 

 

 

 

 

 

 

Retrouvez un lien vers les différents projets de nos partenaires que nous soutenons en cliquant ici

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