Du 28 avril au 1er mai dernier s’est tenu à Tarapoto au Pérou le 8ème Forum Social Pan Amazonien. Un évènement d’une importance capitale, car il a permis à des organisations et des représentants des communautés autochtones de toute la région amazonienne de se retrouver, et d’échanger sur les enjeux auxquels ils font face. Parmi eux, l’organisation FEDEPAZ, partenaire de Terre des Hommes, a pu accompagner des membres des communautés Supayaku et Naranjos, du peuple Awajún.

Découvrez l’interview de Neire Unkuch Jempekit, membre de la communauté Supayaku, technicien de santé et conseiller régional du Gouvernement de Cajamarca, province de San Ignacio, Pérou.

Entretien réalisé par Rosa Quedena, avocate pour FEDEPAZ, au terme du 8ème Forum Social Pan Amazonien.

⇒ Pourquoi as-tu pris la décision de participer au Forum ?

Le FOSPA est un évènement international qui nous permet d’échanger nos expériences avec d’autres peuples du bassin amazonien auquel appartient ma communauté. Ensuite, il nous permet également d’apprendre beaucoup dans les espaces d’échanges et de propositions organisés par le Forum.

J’ai été choisi par ma communauté pour faire partie d’une délégation de représentants de l’ethnie Awajún de San Ignacio, et nous avons pu participer grâce au soutien de FEDEPAZ et Terre des Hommes. Deux délégués de la communauté Awajún de Supayaku et deux délégués de la communauté native Naranjos ont ainsi pris part au Forum.

⇒ Comment t’es-tu préparé à cet évènement ?

En m’informant sur le Forum en lui-même, sur les thèmes qui allaient être traités, pour pouvoir participer de manière active. J’y ai été avec la volonté forte de participer à l’évènement et de répondre de manière responsable à la confiance que l’organisation m’a faite pour les représenter.

J’ai également étudié les thèmes des neuf espaces de dialogue et de débat du Forum, et moi et mes compagnons de la délégation avons décidé de prendre part à ceux portants sur :

– le changement climatique et Amazonie

– les mégaprojets et l’extractivisme

– la souveraineté et la sécurité alimentaire

– l’éducation communautaire interculturelle.

J’ai personnellement participé au thème de l’éducation communautaire interculturelle.

⇒ Qu’espérais-tu de cet évènement ?

J’espérais pouvoir échanger sur les expériences de luttes sociales des autres peuples, et de cette manière continuer à renforcer mon organisation et ma communauté.

⇒ Quels furent les moments principaux du Forum ?

Partager nos expériences concernant l’éducation communautaire interculturelle de la région Cajamarca, participer à la marche avec d’autres jeunes de différents pays, et également les assemblées plénières sous le chapiteau (auditorium principal) où nous partagions toutes les avancées faites dans les espaces de dialogue et de débat.

Mais également, voir comment nos problèmes sont égaux à ceux des autres peuples a été très marquant : comment l’extractivisme nous affecte, affecte nos territoires, comment on criminalise nos peuples, et pouvoir partager les expériences de résistance des premiers peuples. Il était important de construire ensemble des propositions face à ces problèmes.

⇒ As-tu pu faire entendre vos revendications ?

Oui, nous avons eu l’opportunité de présenter nos propositions sur la diffusion de la langue native, et également de mentionner le fait que la santé autochtone et l’éducation communautaire interculturelle doivent aller de pair.

⇒ Quel travail reste-t-il à faire après l’évènement ? Quelles sont les futures actions à mettre en place ?

Il nous reste à partager les enseignements du forum au sein de notre organisation, de notre communauté, et à réclamer l’application des accords auprès des autorités.

Tarapoto, mai 2017.