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Interview de Rosa Dominga Chaj Yac, bientôt diplômée de droit notarial : membre de la commission des femmes de la municipalité de Cantel, elle la représente au conseil municipal. Formée par notre partenaire, le Mouvement Tzuk Kim Pop, elle agit activement pour le développement et la formation des femmes.

Pourriez-vous vous présenter ?

Tout d’abord merci pour cette entrevue.

Je suis actuellement représentante suppléante à la commission municipale de la femme au sein de la municipalité de Cantel, je participe au réunion du conseil municipal du développement COMUDE et je représente également les femmes au conseil départemental de développement CODEDE. Pour occuper cette fonction, j’ai commencé depuis la base : j’ai participé au groupe de travail de femmes de l’association de développement intégral des femmes, ADIME, qui s’occupe de délivrer des crédits et est associée à l’alliance du collectif femme du Guatemala. Récemment, je viens de terminer le cursus universitaire de droit notarial et je vais bientôt être diplômée.

Pourquoi occupez-vous ces responsabilités ?

Le bureau municipal des femmes a convoqué toutes les organisations au niveau municipal et j’ai ainsi pu représenter l’association ADIME. De ce premier pas est venu la nécessité de former une commission pour se coordonner avec le président de la commission de la femme du conseil municipal, et cela a pu se faire grâce à l’accompagnement du mouvement Tzuk Kim Pop. Je suis ensuite resté comme suppléante de la commission pour représenter les femmes dans les réunions du conseil municipal de développement COMUDE.

Que faites-vous dans la communauté pour améliorer les conditions de vie de la population en général et au niveau du projet ?

Au sein du mouvement Tzuk Kim Pop, j’organise les groupes de femmes pour que nous soyons toutes unies dans notre communauté, je sensibilise ces groupes pour éviter leurs isolements et favoriser leur émancipation, afin d’éviter l’influence négative de mouvements politiques partisans car ils divisent les groupes. Ensuite nous les formons à leurs droits et nous mettons en pratiques ces formations en essayant d’occuper de plus en plus des postes clés dans la communauté. J’aimerais également favoriser leurs accès à des études supérieurs en améliorant leurs accès aux bourses d’études.

Quel est votre vision sur le droit des femmes dans votre communauté ?

J’ai l’objectif que les femmes puissent exercer leurs droits de vote et ainsi de pouvoir élire et être élue. Il faut que nous connaissions nos droits économiques, sociaux et culturels pour pouvoir nous défendre, et les faire valoir. Par exemple, il faut qu’il y est plus de femmes dans les municipalités et au congrès pour avoir plus d’influence et qu’elles puissent ainsi exercer leurs droits. Nous souhaiterions également que le CODEDE assigne 10% de son Budget exclusivement en faveur des femmes.

Les droits des femmes englobent tout – santé, éducation, économie, identité, sécurité – pour que toutes les femmes aient l’opportunité de donner leur opinion, de choisir un travail et d’être actives dans les espaces qui respectent leurs conditions de vie.

Quels sont les difficultés que vous rencontrez pour exercer votre profession ?

Il y a de nombreuses difficultés, qui vont au-delà du fait que la femme soit toujours fortement discriminée et vue comme inférieure à l’homme, notamment dans l’accès aux professions décisionnaires. La charge familiale : s’occuper des enfants, faire à manger, laver le linge, s’avère souvent être une difficulté majeure quand nous ne sommes pas bien sensibilisées. Dans mon cas je n’ai pas eu ce problème…

Une autre difficulté c’est la différence qui existe toujours entre les salaires, qui est encore beaucoup trop importante entre un homme et une femme occupant le même poste.

Quels sont vos espérances pour le futur ?

Mes espérances pour le futures… Je suis une femme, je suis mère, je suis grand-mère et personnellement je veux être fonctionnaire publique. Je veux devenir maire ou être au moins conseillère municipale car j’apprécie grandement la politique, mais avec une vision de la politique transparente, pas comme au niveau national. Il est important de connaitre les besoins des femmes qui se présentent au niveau de la municipalité. Mon rêve est tellement grand que je souhaiterais arriver jusqu’au congrès, être députée de mon département, et Dieu seul connaît les plans réservés à chacun.

Je veux continuer à travailler sans oublier d’où je viens, et ce que j’ai commencé à faire depuis la base avec ces groupes de femmes. À coté de cela, je veux me diplômer en licence de droits notariales, continuer un master, et aller le plus loin possible. Et bien sùur continuer d’aider le mieux possible mes enfants, mon époux et mes parents.

Une anecdote ?

Toute petite, mon grand-père me disait : « Tu dois agir pour ton village, tu dois continuer à te battre, tu peux le faire, tu es intelligente ; tu peux arriver à occuper un poste au conseil municipal ». Si petite je ne réalisais pas ce que me disait mon grand-père, aujourd’hui je comprends ses paroles. Un jour j’arriverai à devenir maire et je pourrai dire sur la tombe de mon grand-père : mission accomplie ! »

Propos recueillis par l’équipe de notre partenaire, Tzuk Kim Pop.

Ce projet est co-financé par

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