guate-educ

Dans les municipalités concernées par le programme conduit par le Mouvement Tzuk Kim Pop et soutenu par Terre des Hommes France, le droit à l’éducation est un combat de tous les jours pour la communauté maya du Guatemala. Focus.

L’éducation des enfants est primordiale, si nos enfants ne savent pas lire et écrire, nous sommes perdus…

Les mots du maire de Concepción Chiquirichapa montrent toute l’inquiétude face à l’analphabétisme massif des populations (60 % des adultes de la commune ne savent ni lire ni écrire). Un sentiment partagé par M. Martin Perez Cabrera, conseiller en charge de l’éducation :

On a créé la commission avec la société civile et c’est important car on ne peut tout faire tout seul.

Devant ces préoccupations, le programme mené par le Mouvement Tzuk Kim Pop et Terre des Hommes France réside dans l’implication des membres de la société civile et des organisations locales.

« Un travail encourageant »

Une première étude faite par la municipalité sur le niveau des élèves à Concepción Chiquirichapa avait révélé d’importantes lacunes. Quelques mois plus tard, et avec l’accompagnement précieux du Mouvement Tzuk Kim Pop, les autorités municipales ont décidé, afin d’améliorer l’enseignement, de mettre en place une formation des professeurs en mathématiques et en langue espagnole, dans une région où la population parle principalement le mam (une des langues maya). D’autres initiatives sont en cours : la construction de deux nouvelles écoles notamment. Et comme l’analphabétisme touche aussi les plus âgés, les meilleurs professeurs ont été recrutés pour enseigner aux adultes qui ne sont jamais allés à l’école ou qui souhaitent reprendre leurs études.

« Poursuivre les efforts »

Dans la municipalité de San Francisco El Alto, le professeur Juan Antonio Gonzales est instituteur dans la plus ancienne école primaire. Des avocats, plusieurs maires et même des auteurs de la Constitution ont étudié dans cet établissement créé il y a 51 ans. Des élèves brillants, remplacés aujourd’hui par des enfants qui peinent à suivre les cours. Plusieurs raisons sont évoquées : le manque d’accompagnement des parents et de matériel, la malnutrition, ou encore la désintégration des structures familiales du fait de l’émigration de l’un voire des deux parents. À titre d’exemple, durant les deux semaines précédant la rencontre avec le professeur Gonzales (4 juin 2014), un enfant de six ans ne cessait de pleurer car il voulait voir sa mère, alors qu’il ne la connaît qu’en photo et qu’il vit chez ses grands-parents. Témoin de la déstabilisation des enfants, Antonio Gonzales aurait aimé que les personnalités qui ont fréquenté son école servent de modèles. Malheureusement, aucune rencontre directe n’a pu être organisée. De plus, le budget alloué à l’éducation nationale diminue chaque année. Selon Antonio Gonzales, les autorités centrales ne veulent pas prendre la responsabilité de garantir le droit à l’éducation. L’implication des parents, des enseignants et d’autres représentants de la société civile sera primordiale pour les futurs travaux des commissions.


Ce projet est co-financé par l’Agence Française de Développement.

afd_rvb_v2