Sonnette d’alarme pour le Guatemala. En ce début d’année, ce pays d’Amérique centrale considéré comme l’un des plus violents au monde fait à nouveau parler de lui pour ses nombreux cas de violations des droits humains.

 

Être femme au Guatemala en 2019

 

Le féminicide, un quotidien pour les jeunes femmes

 

La situation des femmes au Guatemala est alarmante. Selon le US News & World Report 2019, le pays se situe aujourd’hui dans le top 10 des plus dangereux pour les femmes, et arrive en première position des pays d’Amérique latine, devant la Colombie. Pour la seule année 2018, 6 257 femmes ont été victimes de féminicides1. Une majorité écrasante des femmes décédées ont également subi des violences sexuelles.

Les chiffres de 2018 attestent d’une hausse plus qu’inquiétante puisqu’en 2017, l’Observatoire de l’Égalité des Genres de l’Amérique latine et des Caraïbes faisait état de près de 2 800 féminicides pour l’ensemble de la région. Pour le Guatemala seul, le taux de féminicides en 2017 passe de 2,5 femmes sur 100 000 à neuf femmes sur 100 000 en 2018.

Premières victimes de multiples violences, les jeunes femmes âgées de moins de 29 ans, tandis que les poursuites judiciaires ne sont que rarement engagées contre les criminels.

 

Filles, éducation et mariage

 

Le niveau d’éducation des jeunes filles reste faible à travers le pays et notamment dans les régions où résident en majorité les populations autochtones. Les jeunes filles doivent souvent arrêter leurs études afin de trouver un travail ou se marier et fonder une famille. Ainsi, entre janvier et septembre 2018, le Guatemala a enregistré 69 445 naissances d’enfants, nés de filles et de jeunes femmes âgées de 10 à 19 ans.

Le Guatemala, au cœur d’un scandale de corruption

 

Jimmy Morales, président de la République du Guatemala depuis 2016, laisse derrière lui de nombreux doutes concernant la transparence de sa politique… et de ses comptes. Soupçonné par la Commission Internationale contre la Corruption et l’Impunité au Guatemala (CICIG) d’avoir eu recours à des financements illégaux durant sa campagne électorale en 2015, le président décide le 7 janvier dernier de mettre fin au mandat de la mission de l’ONU et ordonne l’expulsion immédiate de ses enquêteurs.

Accusée d’immiscions dans les affaires intérieures du gouvernement, la CICIG est pourtant née d’un accord signé entre les Nations unies et le Guatemala contre l’impunité et la corruption en 2006. La Commission avait notamment démontré son efficacité remarquable à punir la corruption au Guatemala avec l’arrestation de l’ancien président Otto Pérez, en 2015.

La décision radicale du président a créé un fort mouvement de contestation notamment au sein de la société civile guatémaltèque, dont fait partie le partenaire guatémaltèque de Terre des Hommes France.

 

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1 Selon les chiffres de l’Instituto Nacional de Ciencias Forenses del país centroamericano