Au fil des siècles, les femmes ont manifesté pour la revendication de leurs droits et leur place dans la société. Après de longs combats quotidiens, elles obtiennent gain de cause en 1977. L’ONU, proclame le 8 mars, comme étant la « Journée internationale des droits des femmes », devenue symbole d’une lutte universelle. Mais qu’en est-il réellement aujourd’hui ?

Un pas vers l’égalité des genres ?

Depuis 40 ans, la journée du 8 mars est un moyen de montrer l’importance que les femmes peuvent avoir dans les sociétés, et ce, dans l’optique de réduire les inégalités femmes-hommes. Cette attention particulière découle des combats sans relâche des féministes au XXe siècle, pour obtenir de meilleures conditions de vie ainsi que la reconnaissance de l’égalité des genres. Quelles évolutions sont à noter depuis et quelle est la situation dans le monde aujourd’hui ?

Meilleures conditions de travail, droit de vote, droit au respect de sa personne… Des demandes légitimes, et pourtant ignorées ou encore peu pris en compte, à tel point qu’une différence se creuse de plus en plus entre les pays. L’écart entre les femmes et les hommes dans le monde s’est établi à 68 % fin 2018, d’après Global Gender Gap Report 2018. Cet écart, qui prend en compte les écarts de genres en matière d’opportunités et de participation économiques, d’éducation, de santé et de participation politique, signifie qu’en moyenne, dans le monde, il reste 32 % de mesures à prendre et à rendre effectives pour que les femmes aient exactement les mêmes droits que les hommes, et pour qu’elles soient ainsi sur un même pied d’égalité. Néanmoins, une avancée très lente, de moins d’un point décimal par an, se constate concernant la reconnaissance des droits de la femme dans le monde. Malgré cela, les violations des droits des femmes sont encore trop nombreuses.

Les femmes : dévalorisées et défavorisées dans les sociétés

Violences basées sur le genre

Les femmes ont depuis toujours été l’objet d’inégalités dans la société. Sous-représentées et ôtées de leurs propres droits, elles doivent faire face aux nombreuses violences basées sur le genre, qu’elles soient physiques, sexuelles, psychologiques ou économiques. Cette violence « ne reconnait ni frontière d’âge, de race, de culture, de richesse ou d’emplacement géographique1 ».

La violence physique, par exemple, se traduit par de nombreux cas de féminicides, notamment en Amérique latine. Dans le cas du Guatemala, les féminicides affectent 2,5 femmes sur 100 000 en 2017 et s’étendent à 9 femmes sur 100 000 en 2018. Dans ce pays d’Amérique centrale, 2 femmes sont tuées tous les jours avec aucune poursuite judiciaire lancée contre les criminels. Cette violence physique peut aussi prendre la forme de violences conjugales, qui affecte 37 % des femmes en Colombie. Autre chiffre illustrant ces cas de violences, celui des stérilisations forcées au Pérou : près de 300 000 femmes auraient subies des stérilisations forcées, phénomène qui affecte particulièrement les femmes autochtones et qui est considéré comme un moyen de réduire la pauvreté de ces dernières.

Éducation, participation économique et inégalités

Sur les 149 pays recensés par le Global Gender Gap Report 2018, l’écart entre les femmes et les hommes au regard de leur niveau d’éducation semble plutôt faible. Il ne resterait ainsi que 5 % de mesures à mettre en place et à rendre effectives pour atteindre une parfaite égalité des genres. Le Tchad, au plus bas du classement, est à 57 % de son chemin pour la parité, prouvant donc que tous les États ont pris en compte l’égalité des genres en matière d’éducation.

Les chiffres deviennent plus alarmants lorsqu’il s’agit de s’intéresser à la situation des pays au plus bas du classement de l’égalité d’éducation. Ainsi, au Tchad, seulement 13 % des femmes savent lire et écrire et au moins 20 % des femmes sont illettrées dans au moins 44 pays. Dans le monde, 63 % des adultes analphabètes sont des femmes.

Les inégalités se poursuivent au-delà même de la scolarité et notamment en termes de participation économique. Les femmes rencontrent encore aujourd’hui des obstacles à occuper des postes à responsabilités et à diriger des équipes. Ainsi, seules 34 % des femmes dans le monde occupent actuellement un poste managérial.

L’empowerment politique des femmes, le grand absent

Au niveau mondial, la présence des femmes dans les arènes politiques reste sporadique. En 2018, le Global Gender Gap Report rapporte que sur les 149 pays, seules 17 femmes ont été à la tête d’un État, en tant que Premier Ministre ou Présidente, bien qu’elles soient plus nombreuses cette année parmi les députés et sénateurs. Dans 6 pays, aucune femme n’a eu accès à ces fonctions de représentants d’États.

Si les femmes restent sous-représentées dans les fonctions dirigeantes, elles le sont également en tant qu’électrices et donc participantes de la vie politique. A titre d’exemple, depuis 2005 l’Arabie Saoudite succède au Koweït comme étant le dernier pays octroyant le droit de vote aux femmes. Les femmes saoudiennes ont uniquement le droit de voter à l’échelle locale à ce jour. Le Vatican, quant à lui, n’autorise toujours pas la femme à voter.

Le 8 mars rappelle non seulement des droits, ceux des femmes, mais aussi une lutte universelle pour ces derniers, qui devraient être acquis.

Les violations de ces droits nous concernent tous, et sans nul doute, c’est à nous de participer à l’évolution vers l’égalité des genres.

 


 

Lire le Global Gender Gap Report 2018 (English version)

1Mission de l’Organisation des Nations Unies pour la stabilisation en RD Congo, Genre et violence, https://monusco.unmissions.org/genre-et-violence.