Communiqué de presse Coordination SUD

Paris, le vendredi 18 août 2017– Chaque jour, partout dans le monde, des femmes et des hommes, humanitaires, sont engagés pour assister les populations victimes de conflits, de crises et des catastrophes climatiques. De plus en plus souvent, ils-elles sont la cible de violences qui mettent leurs vies en péril. Coordination SUD s’inscrit dans le cadre du 19 août, journée mondiale de l’aide humanitaire, pour témoigner son soutien à tou-te-s les acteurs-trices sur le terrain.

Que ce soit en Syrie, dans la région du Lac Tchad, en République Centrafricaine, où est évoqué le terme de génocide à l’encontre des populations, au Yémen, où, à la suite des violences armées, les habitants font face à une épidémie de choléra catastrophique, aux Philippines, on assiste aujourd’hui à une multiplication des crises dans le monde.

Des millions de personnes sont dépendantes de l’aide humanitaire (vêtements, accès à l’eau, médicaments, nourriture, logement…) pour assurer leur survie. Dans le même temps, les humanitaires qui acheminent l’aide sont de plus en plus souvent menacés physiquement dans leurs missions. En avril 2017, en Irak, un attentant à la bombe contre un convoi humanitaire faisait 126 morts. Ces derniers jours, 7 secouristes de l’organisation des Casques blancs étaient assassinés en Syrie, tandis qu’une base de l’ONU au Mali était victime d’attaques terroristes causant la mort de 9 personnes.

Pauline Chetcuti d’Action contre la Faim, et cheffe de file de la commission humanitaire de Coordination SUD s’alarme : « Aujourd’hui les guerres se multiplient et les populations prises dans les conflits subissent des violences inouïes. Plusieurs millions de personnes sont au bord de la famine, et l’aide dont elles ont besoin ne peut les atteindre, car les organisations d’aide sont elles aussi la cible d’attaques. Il faut absolument que les acteurs des conflits respectent le droit international humanitaire, autorisent et garantissent  un accès sécurisé à tous les civils, y compris les personnels de secours et d’assistance. Il est scandaleux que l’aide humanitaire soit entravée par manque de moyens ou par les menaces de groupes armés qui empêchent l’accès des secours aux populations en danger».

Alors que 130 millions de personnes dépendent de la solidarité internationale et de l’aide humanitaire, les humanitaires font face à des obstacles de plus en plus fréquents et graves, blocages administratifs, attaques ciblées, réduction des financements, pour acheminer l’aide aux populations les plus touchées. Jean-Marc Boivin, vice-président de Coordination SUD, rappelle la situation : « Face aux crises actuelles, l’aide humanitaire, plus que jamais vitale et urgente, dépend largement des financements des Etats. Mais hélas,  nombre de pays n’ont pas encore atteint le niveau d’engagement promis. Il est inconcevable que l’aide soit une variable d’ajustement dans les budgets des pays… ».

En ce jour du 19 août, Coordination SUD est aux côtés des acteurs humanitaires qui mettent leur vie en danger quotidiennement et demandent aux Etats d’assurer leurs responsabilités et leurs engagements en matière d’aide humanitaire et de respect du droit humanitaire international.