Les entreprises allemandes exportent une importante quantité d’armes légères et de munitions vers plusieurs pays en conflit où les enfants sont massivement enrôlés comme soldats, tués ou abusés sexuellement. Cette information vient d’être révélée dans un rapport publié par Terre des Hommes Allemagne, Kindernothilfe et Bread for the World.

Le rapport nous révèle, qu’en majorité, ces exportations d’armes sont approuvées légalement par les autorités allemandes. Dans certains cas, les entreprises (comme Heckler & Koch (H&K) et Sig Sauer) utilisent des filiales à l’étranger, le plus souvent aux Etats-Unis et au Royaume-Uni, pour contourner les lois.

Le rapport montre également qu’entre 1969 et 2008, le gouvernement allemand a autorisé la vente des licences de fusils d’assauts H&K manufacturing en Arabie Saoudite. En mai 2015, l’Allemagne a reconnu que l’Arabie Saoudite avait fourni des fusils H&K à des milices combattant au Yémen. Le Haut-Commissaire des Nations Unies aux droits de l’Homme a récemment confirmé que plus de 1400 enfants avaient été recrutés pendant le conflit au Yémen, et que le nombre actuel a du probablement encore augmenter.

Les armes « made in » Germany ont également été exportées en Colombie, Syrie, Iraq et aux Philippines, et cela malgré l’enrôlement massif d’enfants-soldats dans ces pays. L’Allemagne est actuellement un des plus gros exportateurs d’armes au monde, listé à la seconde place derrière les Etats-Unis concernant l’exportation annuelle d’armes légères. Depuis 2002, ces exportations correspondent à montant de plus de 800 millions d’euros.

Il est impératif que la législation allemande en matière d’exportation d’armes légères et de munitions soit fondamentalement révisée. De plus, la réglementation actuelle de l’Europe sur ce type d’exportation est toujours légalement non contraignante et n’est donc pas appliquée par de nombreux pays.

⇒ Terre des Hommes demande une nouvelle loi pour restreindre l’exportation d’armes en Allemagne mais aussi une législation contraignante au niveau européen.

Retrouvez le rapport en anglais ici