Le 17 mai, c’est la Journée mondiale de lutte contre l’homophobie et la transphobie, des discriminations insensées que l’on souhaiterait reléguées au passé et pourtant cette journée reste nécessaire. Car les crimes commis contre des hommes, des femmes, des enfants en raison de leurs orientations sexuelles n’ont pas cessés.

C’est le cas en Tchétchénie. Le journal russe d’opposition Novaïa Gazeta alerte l’opinion internationale depuis plusieurs semaines sur ce qui s’apparente à une véritable purge anti gay. Des révélations confirmées par plusieurs ONG, notamment Human Rights Watch et des spécialistes de droits humains.

Leurs récits sont effroyables : les forces de l’ordre et de sécurité, sous les ordres du Président Ramzan Kadyrov (soutenu par le pouvoir russe et le Kremlin), arrêtent depuis plusieurs mois des homosexuels, exclusivement des hommes et des adolescents (les plus jeunes auraient 16 ans). Ils sont ensuite emmenés dans des camps de détention où ils sont humiliés, battus, et torturés à l’électricité. Parmi ces hommes, plusieurs sont aujourd’hui portés disparus laissant craindre des exécutions.

Ceux qui ont pu rentrer chez eux sont directement menacés par leur famille, les responsables tchétchènes les encouragant à commettre des « crimes d’honneur ». Stop Homophobie évoque ainsi l’histoire d’un jeune gay de 17 ans qui a été jeté du 9ème étage par son oncle. Un autre survivant explique qu’un de ses amis a été torturé pendant deux semaines avant que les autorités convoquent ses parents et ses frères : « Il a été abattu et enterré dans la forêt » par sa famille. La réponse de Ramzan Kadyrov à ces révélations fait froid dans le dos. Selon lui : « il n’y a pas de gays dans la région, alors comment réprimer des gens qui n’existent pas ? ».

Ces actes d’une cruauté extrême, qui rappellent les heures les plus sombres de notre Histoire, soulèvent l’indignation et mobilise la société civile. Elle appelle les médias d’information à rendre visible cette tragédie et l’ouverture d’une enquête internationale pour mettre fin à l’impunité des responsables Tchétchènes et au « silence complice » des dirigeants occidentaux. Car les droits humains ne sont pas l’affaire d’idéologies politiques ou d’intérêts nationaux, mais la base sur laquelle repose l’intégrité et la dignité humaine.

Pétition Amnesty réclamant que la lumière soit faite sur les exactions contre les homosexuels