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Communiqué de presse – La Haye, 19 mai 2016

Peu de consommateurs le savent: près de 20 000 enfants travaillent dans l’extraction du mica, un composant que l’on retrouve dans les câbles, la peinture et les cosmétiques. L’organisation d’aide à l’enfance Terre des Hommes Pays-Bas a mené une enquête sur l’ensemble de la chaîne de production de ce minéral brillant, depuis les mines – souvent illégales – d’Inde jusqu’aux rayons des magasins néerlandais.

Seule la moitié des entreprises interrogées par Terre des Hommes Pays-Bas effectue des recherches approfondies sur l’origine de cette matière première. Le détaillant HEMA n’entreprend aucune action réelle pour empêcher le travail des enfants dans la chaîne de production de mica. Quant au fabricant de câbles Draka, il ne dispose pas d’une interdiction interne formelle pour lutter contre le travail des enfants. Et ce malgré le fait que des signes évidents de la présence d’enfants dans l’exploitation minière de mica avaient été déjà détectés en 2014. Terre des Hommes Pays-Bas exige que les entreprises reconnaissent rapidement leur implication dans l’exploitation des enfants et qu’elles y mettent un terme.


La plus grande zone d’extraction mondiale de mica se situe dans la région indienne de Jharkhand / Bihar.
Seul 10% du mica extrait dans cette région provient de mines légales qui disposent d’une surveillance stricte des conditions de travail. Les 90% restants proviennent de mines illégales, où l’on estime à vingt mille le nombre d’enfants qui y travaillent, souvent accompagnés de leur famille. Ces enfants extraient le mica des roches ou trient les paillettes du minéral. Le travail est dangereux et s’effectue dans des conditions insalubres, avec comme danger permanent l’effondrement de roches et l’inhalation continue de poussières. Les enfants doivent travailler pendant de longues heures et ne vont pas à l’école.

Le mica – recherché pour son exceptionnelle brillance et ses propriétés isolantes et résistantes à la chaleur – est utilisé dans les peintures brillantes de voiture, ainsi que dans les câbles et les cosmétiques, entre autres. Les entreprises néerlandaises utilisent beaucoup ce minéral. Terre des Hommes Pays-Bas a enquêté sur l’origine du mica dans les produits des huit principaux utilisateurs du pays (Akzo Nobel, Prysmian Draka, Unilever, Royal Philips, DSM, A. S. Watson, Ahold et HEMA) et a évalué leurs politiques de vérification (due diligence) relatives aux violations des droits de l’enfant et des droits humains dans leurs relations d’affaires, avec un focus particulier sur les mines de mica en Inde.

Laxisme dénoncé

Quatre des huit sociétés évaluées n’ont pas de processus solide de vérifications concernant le travail des enfants dans les mines et la production de mica dans son ensemble. Prysmian Draka, leader mondial de l’industrie des câbles et systèmes d’énergie et communication, n’interdit même pas le travail des enfants dans leur production, mais « soutient » les efforts des employés et des fournisseurs pour interdire le travail des enfants. A.S Watson Benelux, propriétaire des chaînes de pharmacie et de parfumerie Kruidvat, Ici Paris et Trekpleister, dispose d’un code de conduite écrit dans lequel le travail des enfants est interdit, mais ne mène aucune politique active pour empêcher le travail des enfants dans la production de mica.

HEMA et Philips interdisent formellement le travail des enfants, mais demeurent en pratique laxistes dans leurs propres recherches sur les violations des droits des enfants dans la production de mica. A relever que Prysmian Draka, A.S Watson, HEMA et Philips n’ont divulgué aucune information sur l’origine du mica utilisé dans leurs chaînes de production aux chercheurs de Terre des Hommes Pays-Bas, ou n’ont pas été en mesure de le faire.

Action immédiate et pétition en ligne

Terre des Hommes Pays-Bas exhorte les entreprises concernées à prendre des mesures immédiates pour lutter contre l’exploitation des enfants dans la production de mica. « Nous parlons de l’une des pires formes de travail des enfants. Les entreprises néerlandaises doivent prendre leur responsabilité. C’est pourquoi nous leur demandons de mettre de l’ordre dans leur chaîne d’approvisionnement et de s’engager socialement en apportant leur soutien aux enfants et leurs familles au Jharkhand / Bihar « , explique Albert Jaap van Santbrink, directeur de Terre des Hommes Pays-Bas. « Et si les entreprises ne réagissent pas rapidement, le gouvernement devra intervenir. »

En dépit des directives claires de l’ONU et de l’OCDE en matière de responsabilité sociale des entreprises, il existe encore un manque de suivi et de sanctions. Par conséquent, Lilianne Ploumen, Ministre du Commerce extérieur et de la Coopération pour le développement, devrait contraindre les entreprises à mettre en place une politique de vérification, selon Terre des Hommes Pays-Bas. Dès aujourd’hui, les consommateurs hollandais peuvent interpeller leur Ministre en signant une pétition en ligne sur le site de Terre des Hommes Pays-Bas (www.tdh.nl/petitie).


La recherche “Beauty and a Beast – child labour in India for sparkling cars and cosmetics” a été menée en collaboration avec Stichting Onderzoek Multinationale Ondernemingen (SOMO) et peut être téléchargée via www.terredeshommes.nl. Des photos sont également disponibles.

Pour plus d’informations, merci de contacter Marlieske Sjouke, responsable presse pour Terre des Hommes Pays-Bas au +31 070-3105000 ou +31 6-18220452.

Terre des Hommes Pays-Bas empêche l’exploitation des enfants, retire les enfants en situation d’exploitation et assure à ces enfants un avenir dans un environnement sûr.