La nouvelle version (2017) du rapport AidWatch*  sur l’aide publique au développement (APD) au niveau européen vient d’être publiée. La conclusion majeure de ce rapport est qu’ il faudra attendre encore une génération avant que l’Union européenne et ses membres réussissent à  atteindre l’objectif promis de 0,7 % du PIB (produit intérieur brut).

Une promesse datant de 1970

En 1970, une Résolution de l’Assemblée générale des Nations Unies définissait un objectif à atteindre de 0,7 % de la richesse nationale consacrée à l’aide publique au développement. Calculé par Jan Tinbergen (prix Nobel de sciences économiques), il s’agit en effet d’un seuil minimum pour permettre un développement durable. Pourtant la plupart des pays signataires n’ont pas respecté cet engagement et, à ce jour, la part consacrée à l’APD s’établit en moyenne à 0,32 % en Europe. Seuls les pays d’Europe du Nord dépassent régulièrement ce seuil, tandis qu’en France, l’APD a connu des phases de hausse et de baisse, pour s’établir désormais à 0,38%. Pire encore, cette aide si précieuse a fondu ces dernières années, particulièrement en France. Entre 2015 et 2016, l’aide au développement en Europe a ainsi baissé de 210 millions d’euros.

Face à ce constat, le réseau Coordination Sud, dont Terre des Hommes France est membre, a lancé début janvier 2017 la campagne #SavezVousCompter, pour rappeler l’importance de l’aide publique au développement, du seuil de 0,7 % et d’une aide par dons et non par prêts, orientée vers les plus pauvres et non les plus solvables.

De plus en plus d’ « aide gonflée »

Au cours des cinq dernières années, l’APD de l’UE a augmenté de 27 %. De plus, cinq États membres composent maintenant le « club 0,7 % » – de ceux qui ont atteint l’objectif : le Danemark, le Luxembourg, la Suède, le Royaume-Uni, et pour la première fois, l’Allemagne. « L’aide de l’UE a augmenté en 2016 : 23 des États membres de l’UE ont renforcé leurs budgets d’aide au développement, et nous pouvons en être fiers », explique Amy Dodd, experte CONCORD et directrice de UK Aid Network.

Mais la nature des dépenses raconte une autre histoire. En 2016, les dépenses consacrées aux migrants, aux réfugiés et à la sécurité aux frontières, toutes identifiées comme des APD, ont augmenté de 43% comparé à 2015. Mais ce type de dépenses internes à l’UE, aussi connu sous le nom d’ « aide gonflée », n’est jamais destiné  à être dépensé dans les pays en développement. Parallèlement, le montant des aides qui atteignent ces pays continue à baisser (en 2015, cela représentait seulement 14,6 % de l’aide totale en Europe). « Cette tendance inquiétante semble se poursuivre. Vraisemblablement, ceci est emblématique d’une politique de l’UE concernant cette aide au développement qui s’éloigne d’une aide pour un développement durable et véritable en faveur du contrôle des migrations, de la sécurité des réfugiés et des migrants », révèle Amy Dodd, experte de ces questions à CONCORD.

L’écart réel entre les dépenses actuelles et l’objectif de 0,7 % s’élève à 29 milliards d’euros. En comptant uniquement l’aide réelle, CONCORD a calculé qu’il faudrait plus de 30 ans pour que l’UE et ses États membres atteignent leur engagement de 0,7 %.

 

Télécharger le rapport (en anglais) ici


Contact média :

● Chair of the CONCORD structure working on Financing for Development: Amy Dodd, UK Aid Network Director – amy@ukan.org.uk – Tel: +44 (0)203 122 0637

● CONCORD Policy and Advocacy Coordinator: Alexandra Rosen – alexandra.rosen@concordeurope.org – Tel: 0032 (2) 743 87 61

● CONCORD Communication Coordinator: Helene Debaisieux – helene.debaisieux@concordeurope.org – Tel: 0032 (2) 743 87 93

La nouvelle version du rapport sur l’aide au développement au niveau européen (Europe et ses membres) est désormais disponible. Quelques éléments forts à retenir de ce rapport : il faudra encore une génération avant que l’Europe et ses membres atteignent le 0,7% (actuellement 0,5). L’aide consacrée aux questions migratoires excède désormais celle, en baisse, destinée aux pays les plus pauvres.

Télécharger le rapport (en anglais) ici

AidWatch est réalisé par Concord, la confédération européenne des ONG d’urgence et de développement, dont la fédération internationale de Terre des Hommes fait partie.