Bruxelles, le 17 octobre 2017 – Selon le rapport CONCORD AidWatch 2017, avec le taux de croissance actuel, l’UE pourrait prendre une génération entière afin atteindre l’objectif du 0.7% APD (Aide Publique au Développement) /RNB (Revenu National Brut). Alors que nous avons observé une augmentation substantielle dans les dépenses liées au développement, il y a eu aussi une augmentation relativement dramatique dans le signalement des « aides gonflées », par exemple, les dons-internes dans les pays donateurs ou le désendettement. Au cours des cinq dernières années, l’Aide Publique de Développement de l’UE a augmenté de 27%. De plus, 5 États membres composent maintenant le 0.7% club – de ce ceux qui ont atteint l’objectif : le Danemark, le Luxembourg, la Suède, le Royaume-Uni, et pour la première fois, l’Allemagne.

« L’aide de l’UE a augmenté en 2016 : 23 des États membres de l’UE ont renforcé leurs budgets au développement, et nous pouvons en être fiers. Non seulement, parce que c’est un progrès dans le but de tenir leur promesse, mais ce qui est encore plus important, est que cela signifie plus d’aide pour soutenir un changement transformatif et un développement durable, pour pouvoir atteindre les ambitions de l’Agenda 2030 » explique Amy Dodd, experte CONCORD et Directrice de UK Aid Network.

Mais la nature des dépenses raconte une autre histoire. En 2016, la dépense des couts pour les migrants, réfugiés et la sécurisation, toutes identifiée comme des aides, ont augmentées de 43% comparé en 2015. Mais ce type de dépense, aussi connue sous le nom d’ « aides gonflées », ne part jamais de l’UE et est dépensée en interne ou illustre les conditions imposées par l’UE aux pays tiers. Parallèlement, le montant des aides qui atteignent les pays les moins avancés continue à baisser (en 2015, cela représentait juste 14.6% de l’aide totale en Europe). L’écart réel entre les dépenses actuelles et la cible des 0.7% s’élève à 29,25 milliards d’euros.

« Le signalement de couts pour des dons-internes aux réfugiés, aide conditionnelle, désendettement ou le payement des taux d’intérêt comme des aides au développement a également augmenté et assez drastiquement dans certains pays. Cette tendance inquiétante semble se poursuivre. Vraisemblablement, ceci est emblématique d’un changement continu au sein de l’UE pour l’aide et le développement qui vois une instrumentalisation progressive de l’aide de l’UE qui s’éloigne d’une aide pour un développement durable et véritable en faveur du contrôle des migrations, la sécurisation, et le secteur privé dans les pays donateurs -qui ont tous une impacte de développement légèrement plus douteux » révèle Amy Dodd, experte CONCORD.

En comptant seulement l’aide réelle, CONCORDE a calculé qu’il faudrait plus de 30 ans pour que l’UE et ses États membres atteignent leur engagement de 0 ,7% APD. À ce rythme il faut s’attendre que l’objectif ne soit pas atteint avant 2052. L’objectif ayant été adopté dans une résolution de l’ONU en 1970, cela veut dire que l’UE honorera son engagement plus de 82 ans après que l’objectif a été déterminé.

Télécharger le rapport (en anglais) ici


Contact média :

● Chair of the CONCORD structure working on Financing for Development: Amy Dodd, UK Aid Network Director – amy@ukan.org.uk – Tel: +44 (0)203 122 0637

● CONCORD Policy and Advocacy Coordinator: Alexandra Rosen – alexandra.rosen@concordeurope.org – Tel: 0032 (2) 743 87 61

● CONCORD Communication Coordinator: Helene Debaisieux – helene.debaisieux@concordeurope.org – Tel: 0032 (2) 743 87 93

La nouvelle version du rapport sur l’aide au développement au niveau européen (Europe et ses membres) est désormais disponible. Quelques éléments forts à retenir de ce rapport : il faudra encore une génération avant que l’Europe et ses membres atteignent le 0,7% (actuellement 0,5). L’aide consacrée aux questions migratoires excède désormais celle, en baisse, destinée aux pays les plus pauvres.

Télécharger le rapport (en anglais) ici

AidWatch est réalisé par Concord, la confédération européenne des ONG d’urgence et de développement, dont la fédération internationale de Terre des Hommes fait partie.