Le 19 Juillet s’est tenue la présentation du 20ème Rapport de l’Observatoire des Conflits Miniers au Pérou (OCM), composé de CooperAcción, FEDEPAZ et Grufides. L’évènement a compté sur la présence de la presse régionale, nationale et internationale.

José de Echave, de CooperAcción, a notamment présenté le rapport de Global Witness 2016 qui signale ainsi qu’au moins 200 défenseurs de la terre et de l’environnement ont été assassinés (185 en 2015) dans 24 pays du monde, 60% d’entre eux en Amérique latine.

Au niveau national, le Défenseur du Peuple rapporte qu’entre 2006 et 2016, un total de 270 personnes sont décédées et 4614 personnes ont été blessées dans des conflits sociaux, un chiffre significatif lorsque l’on considère que 60% des conflits enregistrés sont de caractère socio-environnemental. (…)

Mirtha Vásquez, directrice de Grufides, a partagé des informations et une analyse de la situation à Cajamarca, une région avec une forte pression sociale en raison d’investissements miniers néfastes dont l’État ne s’est pas occupé, malgré la dénonciation permanente des communautés et organisations locales. (…)

A cela s’ajoute la criminalisation, la persécution judiciaire et les campagnes de diffamation contre les défenseurs du territoire, présentés comme des ennemis du développement, ce qui augmente les risques pour leur intégrité.

Le directeur de FEDEPAZ, David Velazco, a argumenté que les données et l’analyse offerte à ce jour étaient directement liées à une décision politique de traiter les conflits sociaux par l’autoritarisme et un système normatif qui porte gravement atteinte aux droits fondamentaux des populations en conflits socio-environnementaux. Le gouvernement a créé un Vice ministère de Gouvernance Territoriale, et a placé à sa tête un ancien fonctionnaire des entreprises minières Sulliden Shahuindo, Sulliden Perú et Rio Alto, qui a déclaré en avril que la stratégie gouvernementale pour diminuer les conflits sociaux sera de proclamer l’état d’urgence dans des zones de conflits. (…)

Tout acte de protestation sociale pourrait ainsi être qualifié d’acte hostile, permettant l’usage d’armes de guerre pour le réprimer et les « comportements illicites » du personnel militaire seront la compétence de la juridiction militaire et non de la juridiction commune comme l’exigent les traités internationaux de protection des droits humains et la propre jurisprudence du Tribunal Constitutionnel du Pérou.

Dans ce sens, David Velazco de FEDEPAZ a lancé un cri d’alarme devant la situation politique et législative et a dénoncé la grave situation de vulnérabilité pour l’intégrité et les droits fondamentaux de ceux qui défendent leurs territoires et leur droit à jouir d’un environnement sain et équilibré, de même que d’une relation culturelle spéciale avec la nature, comme c’est le cas des communautés et des organisations autochtones natives et paysannes.

Enfin, [la directrice de CooperAcción], Ana Leyva a signalé que les standards pour l’eau et l’air ont été abaissés de manière notable pour faciliter des projets d’assainissement et miniers, mettant en risque la santé des personnes et la qualité environnementale à laquelle nous avons toutes et tous droit. (…)

Lima, le 19 juillet 2017.

L’intégralité du communiqué de presse de l’Observatoire des Conflits Miniers au Pérou est disponible ici (espagnol).