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Togo : Gnamassilé, Préfecture de l’Amou, Région des Plateaux. Il est 10h, une dizaine d’enfants essaie de se concentrer sur la leçon de français écrite au tableau, alors qu’à quelques mètres de l’école, l’équipe de Terre des Hommes France tient réunion avec le Comité Villageois de Développement (CVD). Il fait chaud, les 3 classes du village sont bondées et les enfants assis à plusieurs par bancs ; en fait d’école, la communauté possède un grand abri en terre, deux murs soutiennent un toit de tôle chauffé par le soleil.

Le Président du CVD explique que grâce aux efforts du Comité, une nouvelle école en dur est en construction. Il ne sait pas quand elle sera prête mais nous montre les fondations avec fierté : pour les enfants, cette école est une formidable opportunité. Pour le CVD, Action sud (l’ONG togolaise qui met en œuvre le projet sur place) et Terre des Hommes France, c’est l’aboutissement de plusieurs années de travail et de collaboration étroite.

Depuis 2013, Action sud – soutenue techniquement et financièrement par Terre des Hommes France, restructure, forme et accompagne neuf CVD de la Préfecture afin qu’ils soient en capacité de participer aux affaires locales et de formuler des propositions de développement respectant les droits économiques, sociaux et culturels des populations. Concrètement, cela passe par :

⇒ Une réorganisation des CVD – structures villageoises initiées par l’Etat dans le cadre de la politique de décentralisation ;

⇒ Une formation des membres élus sur leur rôle et leurs responsabilités, sur les droits économiques, sociaux et culturels, sur les obligations de l’Etat en lien avec ceux-ci, et sur la gestion des affaires locales (organisation territoriale et prérogatives dans le cadre du développement, décentralisation, etc.) ;

⇒ Un accompagnement pour la mise en œuvre autonome de microprojets de développement.

En effet, sur la base des connaissances acquises grâce aux formations sur les droits, les CVD doivent pouvoir élaborer eux-mêmes des microprojets contribuant au mieux-être des villageois : construction de latrines et de points d’eau publics, installation de plateformes multifonctions, réfection ou construction d’écoles, etc. La population, consultée lors des causeries-débats communautaires fait des propositions au Comité, lequel monte ensuite les dossiers de demande de subventions qui seront remis aux agences locales de financement.

Action sud aide à l’organisation des discussions villageoises, au montage puis au suivi des demandes de fonds. Terre des Hommes contribue financièrement à la mise en œuvre des activités de formation/sensibilisation des populations à leurs droits. Aucun appui extérieur n’est fourni pour l’exécution des microprojets ; comme le dit le Directeur d’Action sud, Romain Outcha, “l’orientation du projet Itiessi [est] de ne viser que les ressources locales et les responsabilités des autorités et institutions locales pour la réalisation des microprojets des populations en lien avec leurs Plan d’Action Villageois”. Des microprojets pour et par la communauté donc.

En 2015, ce sont ainsi 86 membres de CVD qui ont été formés par Action sud à l’organisation et au fonctionnement des Comités, parmi lesquels 50 Présidents, Secrétaires, Trésoriers et Commissaires aux comptes ont reçu des enseignements sur les outils de gestion des CVD. 51 de ces personnes ont également assisté à des sessions sur les DESC et 90 à celles sur la territorialité des affaires locales. Parallèlement, les projets de forage destinés à pallier l’insuffisance en eau potable dans les villages de Gamé et de Zébé, ont été déposés par les CVD formés auprès de l’ANADEB (Agence Nationale d’Appui au Développement à la Base). Celui de construction de latrines pour le village de Sévia a lui, été soumis à l’AGAIB (Agence d’Appui aux Initiatives de Base). Cette même année, les demandes de fonds pour l’acquisition d’une plateforme multifonctionnelle et la construction d’une école pour les villages de Kpètè-Mava, Gnamassilé et Illiko-Tomégbé ont été acceptées par l’ANADEB et le PRADEB (Programme d’Appui au Développement à la Base).

Gnamassilé, Préfecture de l’Amou, Région des Plateaux au Togo, septembre 2016 : des dizaines d’enfants pourront désormais suivre leur leçon de français loin de toute distraction et à l’abri du soleil.