Maria Luzmila et Rocio, deux défenseures des droits des femmes et des communautés autochtones du Pérou face à la Commission européenne. Crédit photo : Red EU-LAT

 

Au mois de novembre dernier, deux de nos partenaires péruviennes se rendaient en Europe pour une tournée de sensibilisation sur les droits humains, les droits des femmes et les droits des communautés autochtones du Pérou*.

Les principaux thèmes de cette visite concernaient ainsi la situation des communautés paysannes et autochtones au Pérou, particulièrement touchées par les projets d’extraction minière ou pétrolière, les violations des droits des femmes autochtones, la criminalisation accrue de la protestation sociale et l’attitude négligente de l’État en tant que garant des droits des populations autochtones et des droits collectifs.

 

Portrait des deux représentantes

Rocio Silva Santisteban Manrique est une militante péruvienne, féministe, professeure d’université et consultante en droits humains. Elle est titulaire d’un doctorat de l’Université de Boston, d’une maîtrise en littérature latino-américaine, d’un baccalauréat en droit et en sciences politiques et d’un diplôme en études de genre. Elle a publié plusieurs ouvrages de fiction et ouvrages académiques, le dernier en date étant Mujeres y conflictos eco territoriales: impactos, estrategias, resistencias. Elle a été consultante sur les thématiques de genre et de jeunesse, de droits humains, de médiation et de réconciliation. Entre 2011 et 2015, elle a été en charge de la direction exécutive de la Coordination nationale des droits de l’Homme du Pérou, accompagnant juridiquement, socialement et politiquement les victimes de violations des droits humains. Elle est actuellement chroniqueuse au journal La República (2007-2018), membre du comité consultatif de Nature Rights Watch et professeur à l’Université Pontificia Católica et à l’Université Nationale Mayor de San Marcos. Elle est également membre de l’assemblée de FEDEPAZ, une organisation péruvienne de défense des droits humains.

María Luzmila Bermeo Chuinda, dirigeante du peuple amazonien Awajún, est la présidente du Conseil des femmes Awajún et Wampis. Etant une des premières femmes Awajún à avoir eu accès à l’éducation formelle, elle a travaillé pendant des années comme enseignante en couture. Parallèlement, elle a participé activement à de nombreuses organisations de femmes et a été nommée en 2013 présidente de l’Association des femmes et des artisans, poste qu’elle occupe encore aujourd’hui. En 2017, elle a été récompensée pour sa précieuse contribution à la sauvegarde des techniques traditionnelles et des connaissances ancestrales liées à la poterie du peuple Awajún. Avec un long travail de sauvetage culturel, María Luzmila a contribué à la revalorisation du rôle des femmes comme actrices principales de la vie publique de son peuple.

 

Plus d’informations (en espagnol) sur le site de la Red EU-LAT, dont Terre des Hommes France est membre :

Eurodiputados de seis grupos parlamentarios preguntan a la Comisión por la situación de los Derechos Humanos en Perú

Regarder l’interview des représentantes réalisée par la Red EU-LAT 

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*Dans le cadre du projet « Renforcement des capacités d’organisation et de leadership des communautés autochtones et paysannes péruviennes pour l’exercice de leurs droits et la gestion pacifique et durable de leurs territoires » mené en partenariat avec FEDEPAZ, SAIPE, ASTM, Secours-Catholique-Caritas France, Terre des Hommes France, et la RED EU-LAT, une tournée européenne a été organisée entre Bruxelles, le Luxembourg, l’Espagne et la France entre le 14 novembre et le 1er décembre 2018.