Face à l’afflux de mineur.e.s isolé.e.s, souvent dans des situations de grande détresse, les délégations départementales (DD) de Terre des Hommes ont très vite compris la nécessité d’agir au plus près du terrain, mais aussi de mener le combat sur un plan politique. 

La solidarité de nos bénévoles envers les jeunes migrant.e.s se traduit d’abord par des actions d’assistance répondant aux besoins vitaux et aux droits les plus élémentaires de ces personnes : dons de nourriture et de vêtements, transport pour soins médicaux, aide à la recherche de logement, voire hébergement à leur domicile… Ces actions sont menées le plus souvent en collaboration avec d’autres associations, spécialisées dans tel ou tel type de soutien (La Cimade, France terre d’asile, etc.).

170 000 mineur.e.s isolé.e.s ont demandé l’asile en

Europe en 2015 et 2016  (Source : UNICEF)

Autre besoin vital, apprendre rapidement notre langue. Nos délégations des Alpes-de-Haute-Provence, du Calvados, de Charente, de Paris et la Sarthe sont engagées dans des actions d’enseignement du français aux migrant.e.s, mais aussi d’éducation de celles.ceux-ci à leurs droits, étape indispensable pour qu’elles.ils puissent les faire valoir. Partant du constat que nombre de jeunes migrant.e.s étaient étudiant.e.s dans leurs pays d’origine, la DD du Calvados leur apporte aussi un soutien dans leurs démarches de reprise de leurs études en France.

Parallèlement à cette aide directe, nos délégations effectuent un gros travail de sensibilisation du public français. Nos bénévoles interviennent dans des classes de collèges et de lycées afin de sensibiliser les élèves à la situation des jeunes migrants. Ces interventions sont aussi l’occasion de présenter la Campagne Destination inconnue de la Fédération internationale de Terre des Hommes et le projet de Terre des Hommes France sur la défense des droits des enfants migrants birmans en Thaïlande.

Enfin l’ensemble des DD s’inscrit dans une démarche de plaidoyer afin d’alerter les pouvoirs publics sur la situation des jeunes migrant.e.s et réclamer que leurs droits soient respectés. Le plus souvent, les DD rejoignent d’autres associations locales et s’unissent au sein de collectifs afin d’apporter plus de poids à leurs revendications et/ou pour signer des pétitions. À titre d’exemple, la délégation des Alpes-de-Haute-Provence s’est unie à d’autres organisations pour réclamer la révision des accords de Dublin*. Ces actions de plaidoyer sont le plus souvent relayées par le siège de Terre des Hommes France.

Terre des Hommes France crée une commission Jeunes Migrants

Très actif.ve.s sur le terrain auprès des migrant.e.s mineur.e.s isolé.e.s, les bénévoles et adhérent.e.s de Terre des Hommes  France ont voté, lors du Congrès de l’association de mars 2017, une résolution faisant de la problématique des jeunes migrant.e.s une thématique majeure de Terre des Hommes France pour les années à venir. Dans la foulée s’est constituée une commission sur le sujet, qui, de toutes les commissions que compte l’association, est celle qui a le plus de membres. La commission Jeunes Migrants est déjà très active et s’attache à faire le lien entre actions locales en faveur des jeunes migrants et plaidoyer aux niveaux national et international. Le plaidoyer sera mené principalement au sein de collectifs et de réseaux tels que le CRID, les États généraux des Migrations, « Des ponts, pas des murs », le Sursaut citoyen, le RESF, etc.


* Le règlement de Dublin établit que c’est un État et un seul parmi les signataires de cette convention qui est responsable d’une demande d’asile. Les réfugié.e.s craignent cet accord car cela donne l’opportunité légale à tous les pays européens de les renvoyer dans le pays où ils ont été enregistré.e.s préalablement.

⇒ En savoir plus : http://www.lacimade.org/nos-actions/droit-asile/reglement-dublin/